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Terre d'accueil > Terre d'histoire : Histoire de la guerre 14/18 > L'histoire de Verdun
L'HISTOIRE DE
LA GRANDE GUERRE




Introduction

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HISTOIRE GENERALE

Avant la guerre
Les années de guerre
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HISTOIRE DE VERDUN

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BILAN DE LA GUERRE DE 1914-1918

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Conclusion
  • L'histoire de Verdun
  • La bataille de Verdun

    Verdun est la Bataille
    ayant marqué la guerre,
    autant par les entrailles
    dévastées de sa terre
    que par le sacrifice
    d’incroyables Poilus
    plongeant dans les prémices
    de l’Enfer à l’affût…

    La Bataille de Verdun, qui s’est déroulée du 21 février au 19 décembre 1916, soit 300 jours et 300 nuits de combats ininterrompus et meurtriers, revêt désormais une importance capitale dans l’histoire de l’Humanité avançant doucement vers la fraternité et la paix universelle.

    Elle est, en effet, devenue le symbole même des horreurs de la guerre… Du fait, probablement :

    • de l’extrême concentration des moyens engagés sur un territoire relativement restreint ;
    • de sa durée proche d’une année entière,
    • de son bilan humain considérable
    • et de destructions tellement importantes qu’elles sont toujours visibles aujourd’hui.

    Ses champs de bataille, incluant notamment les neuf villages détruits et les principaux Forts et ouvrages militaires disputés lors de ses combats, sont désormais devenus des Hauts-lieux du Souvenir et du tourisme de Mémoire.


    La préparation de la Bataille

    L’Allemand méthodique
    et sûr de sa puissance,
    à cet instant tragique
    que redoutait la France,
    prépara tant ses Forces
    avant de les lancer
    que pas la moindre amorce
    d’obus devait manquer…

    Les raisons politiques, stratégiques et tactiques de l’offensive allemande :

    En 1916, après un an et demi de guerre, l’Allemagne n’a pas atteint son objectif de guerre éclair sur le Front Ouest à cause du sursaut de l’armée française lors de la première Bataille de la Marne.

    Inquiet de la montée en puissance des forces alliées, l’état-major allemand, commandé par le général von Moltke, souhaite reprendre l’initiative sur le terrain afin de démontrer, aux opinions publiques mondiales et surtout de son pays dont le moral est en baisse, que son armée reste la plus forte.

    Il décide, pour cela, de lancer une grande offensive sur le secteur du Front le plus symbolique, celui de la place fortifiée de Verdun ! La prise de Verdun aurait, en effet, un impact très fort sur le moral des troupes et des populations des pays belligérants et placerait l’Allemagne en position de force en cas de pourparler de paix avec la France.

    Par ailleurs, au plan tactique, la configuration du Front lui est avantageuse car celui-ci présente un saillant sur lequel il peut faire converger ses moyens d’attaque. D’autant que ses positions actuelles lui permettent d’excellentes observations depuis Montfaucon, Romagne ou les Jumelles d’Ornes, au Nord du dispositif de défense français et, qu’au plan logistique, le terrain lui est beaucoup plus favorable que pour les Français qui auraient à combattre avec la Meuse à franchir…

    L’ennemi sait aussi que l’état des défenses françaises n’est guère performant. Les Forts sont désarmés depuis 1915. Les tranchées françaises ont subi de gros dégâts au cours des précédents combats. Les axes logistiques sont très difficiles, voire impraticables en hiver, entraînant ainsi d’énormes difficultés de ravitaillement des forces françaises.

    Les préparatifs logistiques allemands de l’attaque :

    Cette préparation commence en novembre 1915, notamment par la construction de nombreuses voies de chemins de fer, étroites ou normales, dans le Nord du département de la Meuse et se reliant aux voies ferrées allemandes.

    Ces voies desservent de très nombreux chantiers de parcs de matériels, de dépôts de munitions ou de camps chargés d’accueillir les troupes, soit des centaines de milliers de combattants sur les quatre ans de guerre.

    Au plus près de la ligne de front, sont creusés de très profonds abris destinés aux unités d’assaut de la 5e armée du Kronprinz disposant de 10 divisions et surtout de 1 300 pièces d’artillerie dont la moitié de gros calibres. Une concentration de forces jusqu’alors inégalée.

    Ces travaux préparatoires témoignent d’une très impressionnante capacité logistique allemande, à la fois orientée sur les aménagements de combat et sur les conditions de vie de la troupe.

    Les aménagements de combat se déclinent en tranchées, abris, postes d’observation ou de communication, terrains d’aviation, batteries d’artillerie lourde, blockhaus, postes de commandement, postes de secours…

    Les réalisations liées aux conditions de vie des soldats concernent notamment les camps ou baraquements de bois, les réseaux de puisage et de distribution de l’eau, les moyens sanitaires et de lavage de campagne, la production d’électricité, les infirmeries et hôpitaux, les cimetières…

    Ces travaux d’aménagement d’infrastructure ne sont pas limités à la seule année 1916 et se poursuivent encore les deux années suivantes.


    L’attaque brusquée

    C’était encore l’hiver
    quand l’attaque brusquée
    allemande sut faire
    subitement craquer,
    tel un violent orage,
    les lignes des Poilus
    s’accrochant aux villages
    perdant jusqu’à leurs rues…

    Cette première phase de la Bataille de Verdun se déroule du 21 février au 1er mars 1916.

    Elle est lancée sur la rive droite de la Meuse, le matin à 7h15, par une puissante préparation d’artillerie mettant en œuvre 1 200 canons. Ce bombardement incessant de un million d’obus, dure 9 heures. Il est destiné à écraser les défenses françaises des 71e et 51e divisions, s’étirant de la rive gauche de la Meuse à la plaine de la Woëvre, de Brabant à Ornes, et permettre l’avancée de l’infanterie allemande en limitant au maximum les pertes.

    Au centre de l’attaque, le bois des Caures est défendu par les 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied du lieutenant-colonel Driant. Bien que décimée, ces unités résistent aux vagues d’assaut allemandes jusqu’au lendemain soir, le 22. Un dixième seulement de leur effectif parvient à se replier sur Beaumont après la mort de leur colonel.

    Plusieurs îlots de combattants français survivants parviennent, avec détermination et acharnement, à s’opposer à l’avance allemande, contrariant ainsi ses prévisions. L’exemple des rescapés du 2e bataillon du 164e régiment d’infanterie défendant l’Herbebois, pourtant pilonnés par l’artillerie adverse et réussissant à stopper la progression allemande, préfigure d’ores et déjà l’héroïque résistance du Poilu de Verdun lors de chacun des combats qui se dérouleront pendant toute la durée de la Bataille.

    Les Français sont cependant forcés de reculer, principalement sous l’effet des feux nourris de l’artillerie adverse. Les 24 et 25 février voient de nombreux points de défense tomber aux mains des Allemands, comme les villages d’ornes, de Bezonvaux et Louvemont ainsi que le Fort de Douaumont qui, peu défendu, se retrouve pris par une poignée de soldats allemands ayant réussi à pénétrer à l’intérieur du Fort et à faire prisonniers, sans un seul coup de feu, les quelques servants des pièces d’artillerie encore maintenues dans leurs tourelles après le désarmement des Forts en 1915.

    La prise du Fort de Douaumont a eu un fort retentissement en Allemagne et a été considérée par nombre de Français comme un abandon très préjudiciable, car il facilitera certainement la perte ultérieure du Fort de Vaux.

    Le 25 février, le général Pétain prend le commandement de la 2e armée et réorganise l’ensemble de la défense du secteur fortifié de Verdun.


    L’attaque générale

    Après la résistance
    acharnée des Poilus,
    l’ennemi a, d’urgence,
    attaqué tant et plus
    les hauteurs du Mort-Homme
    qu’un déluge de feu
    et de pluie sur les hommes
    ancra son nom en eux…

    Cette seconde phase de la Bataille de Verdun se déroule du 2 mars au 15 avril 1916 sur les deux rives de la Meuse, essentiellement, cette fois, sur la rive gauche, au niveau du Bois des Corbeaux, des hauteurs du Mort-Homme, puis de la cote 304. Sur la rive droite, les combats se situent, au cours de cette phase, autour du village de Vaux et du bois de la Caillette.

    Elle apporte quelques succès du côté allemand mais somme toute insuffisants.

    Le 6 mars 1916, les troupes allemandes attaquent la ligne Béthincourt – Forges, sur la rive gauche de la Meuse, en vue de s’emparer des hauteurs du Mort-Homme, du bois des Corbeaux et de la cote 304, les points les plus élevés de cette zone.

    Le bois des Corbeaux est vaillamment tenu par le 92e régiment d’infanterie, commandé par le colonel Macker. L’artillerie française parvient à provoquer de très importantes pertes chez l’ennemi montant à l’assaut. Ce revers provoque, à partir du 11 mars un changement de mode opératoire chez l’ennemi qui substitue, dès lors, aux assauts massifs, des actions plus localisées de ses fantassins.

    Le 14 mars, l’attaque allemande se concentre sur le Mort-Homme après deux jours de pilonnage d’artillerie. Seule la partie Nord de la colline parvient à passer aux mains allemandes.

    Par la suite, à compter du 20 mars et jusqu’au début du mois d’avril, les Allemands procèdent à une large attaque cherchant à prendre par l’Ouest l’ensemble de la crête cote 304 – Mort-Homme.

    A l’extrême Ouest de ce secteur, le réduit d’Avocourt est pris par les Allemands faisant près de 3 000 prisonniers français. Sa reconquête acharnée entraînera plus tard la perte de 2 600 hommes.

    Le 9 avril, trois divisions allemandes attaquent la 42e division sur le Mort-Homme. Celle-ci perd 2 800 hommes mais pour l’essentiel les Français tiennent ! C’est à cette occasion que Pétain écrit dans son ordre du lendemain : sa célèbre phrase : « Courage, on les aura ! ».

    Par la suite, les Allemands font l’effort sur la prise de la Cote 304 qui tombe partiellement. Le Mort-Homme est aussi pris le 20 mai, peu avant le village de Cumières qui tombe le 24 mai.

    En trois mois de combats acharnés, effectués dans des conditions climatiques particulièrement exécrables à cause de pluies continuelles qui transforment le sol en torrents de boue liquide remplissant les trous d’obus et les tranchées, la progression allemande d’à peine 3 à 4 km s’est limitée à ses objectifs de prise des points d’observation les plus hauts du Mort-Homme et de la Cote 304.

    L’offensive massive franco-britannique du 1er juillet à novembre 1916 sur la Somme limite désormais toute poursuite de l’effort allemand sur la rive gauche de la Meuse. Ses ultimes tentatives, courant juin et juillet, vont se borner à la rive droite.

    Sur le Mort-Homme le Front reste fixé jusqu’aux combats de reconquête française se déroulant de juin à août 1917.


    La guerre d’usure

    Au bord de la rupture,
    tout ce Front se plongea
    dans la guerre d’usure
    sans que l’on ne céda
    désormais de terrain
    à cet envahisseur,
    découvrant que Verdun
    fait aussi son malheur…

    Cette phase se déroule du 15 avril au 12 juillet 1916.

    Elle se caractérise par une succession d’actions très meurtrières dans les deux camps opposés et sur les deux rives de la Meuse. L’avance ennemie vers Verdun y atteint sa ligne extrême.

    Sur la rive gauche, les combats se prolongent jusqu’à l’atteinte par l’ennemi des points hauts du Mort-Homme et de la Cote 304, puis la prise de Cumières le 24 mai.

    Sur la rive droite, le général Mangin tente de reprendre le Fort de Douaumont, le 22 mai. Cet assaut se solde par un échec particulièrement sanglant.

    Au cours du mois de juin, les Allemands veulent absolument réussir à prendre Verdun avant le déclenchement de la grande attaque prévisible franco-britannique sur la Somme qui se déclenche précisément le 1er juillet 1916.

    A cette fin, ils décident de préparer une nouvelle offensive sur les hauteurs de la rive droite, dernier rempart des défenses françaises avant la ville de Verdun.

    Au début du mois de juin, ils attaquent le fort de Vaux qui, bien qu’isolé depuis plusieurs jours, constitue un obstacle à leur progression. A court de ravitaillements et surtout d’eau potable, le Fort se rend le 7 juin, après une héroïque résistance de sa garnison placée sous les ordres du Commandant Raynal.

    Après la chute du Fort de Vaux, les Allemands décident de concentrer leurs efforts sur un Front de plus en plus étroit, d’environ 6 km, situé entre la batterie de Damloup et le ravin de la Dame du bois de Nawé, en engageant 50 000 hommes et 2 000 canons.

    Leur préparation d’artillerie, d’une puissance encore inégalée et utilisant massivement des obus toxiques au phosgène, débute le 21 juin. Elle occasionne de telles destructions que, pour la première fois, le Front est rompu au niveau de la crête Thiaumont – Froideterre dès le début de l’assaut allemand du 23 juin.

    Le village de Fleury tombe, pour la première fois, lors de cet assaut du 23 juin, tout comme l’ouvrage de Thiaumont.

    L’avancée allemande atteint son point extrême dans le ravin des Vignes, non loin de l’ouvrage de Froideterre, au niveau de l’abri-caverne des Quatre Cheminées. Un abri servant à la fois de poste de commandement et de poste de secours et regorgeant de morts et de blessés. Plus haut, sur la crête, l’ouvrage de Froideterre est menacé. Celui-ci parvient néanmoins à se défendre en mettant en œuvre son canon de 75 et ses mitrailleuses. Cette action permet d’arrêter l’ennemi et de lancer les contre-attaques françaises qui parviendront, finalement, à repousser l’ennemi sur Fleury.

    Cette offensive allemande du 23 juin 1916 se solde par une perte considérable de 13 000 hommes dont 4 000 prisonniers du côté français. Mais elle permet, finalement, d’empêcher la prise de Verdun, malgré l’abandon de l’ouvrage de Thiaumont et du village de Fleury.

    Après ce revers sur Froideterre, l’ennemi cherche une nouvelle fois à percer cette dernière ligne française sur le Fort de Souville, au Sud-Est de Fleury, au tout début juillet. S’il parvient à faire tomber cette ultime fortification, il a la voie libre pour descendre sur la Meuse et Verdun. Alors, pour ce faire, il emploie les mêmes procédés que lors de l’attaque du 23 juin sur Froideterre, en utilisant une quantité massive d’obus toxiques au phosgène.

    Au cours de cet affrontement, plus de 500 000 obus sont tirés en seulement 20 heures, les deux artilleries confondues. Ce qui délivre l’impressionnante moyenne de deux obus par mètre carré.

    Pendant les assauts contre le Fort de Souville, l’artillerie allemande concentre ses tirs sur le Fort de Tavannes, en charge de la protection de l’aile droite française.

    Le 11 juillet, l’abri de la Poudrière, proche de Fleury, est pris par l’ennemi. Des fantassins allemands parviennent alors à pénétrer sur les superstructures du Fort de Souville tandis que celui-ci n’est plus défendu que par une soixantaine d’hommes commandés par le lieutenant Dupuy après que leurs unités, le 7e régiment d’infanterie et le 25e bataillon de chasseurs à pied, aient été largement décimées. Mais ceux-ci parviennent à tenir en attendant des renforts.


    La stabilisation et le dégagement

    Ayant repris des forces
    suffisantes en sa tête,
    chaque Poilu s’efforce
    de croire que la défaite
    ne peut être française
    en montant à l’assaut
    avec la Marseillaise
    chantée tout aussitôt…

    Cette nouvelle phase de la Bataille de Verdun se déroule du 12 juillet au 15 décembre 1916.

    Elle marque le début de reconquête, par les Français, d’une bonne partie du territoire perdu au cours de la Bataille de Verdun, malgré ou grâce à la Bataille de la Somme qui draine, au même moment, une grande part des moyens de chacun des deux belligérants.

    Le début de la reconquête, lancée par le général Mangin, vise, au départ et en priorité, la crête du secteur de Fleury. Le village, maintes fois pris et repris, l’est définitivement le 18 août par le régiment d’infanterie coloniale du Maroc.

    Cette reconquête se fait par étapes de relativement faible envergure, bien que s’avérant très coûteuse en hommes.

    Du côté allemand, le chef d’état-major Falkenhayn est écarté fin août à la grande satisfaction de l’opinion publique allemande qui le considère totalement responsable de la grande hécatombe de sa jeunesse. L’arrivée sur le Front Ouest du maréchal Hindenburg et du général Ludendorff marque l’arrêt des grandes offensives de masse allemandes sur Verdun.

    Le 13 septembre, Joffre demande aux généraux Pétain, Nivelle et Mangin de planifier la reconquête des Forts de Vaux et Douaumont.

    Désormais, l’artillerie française dispose d’une nouvelle artillerie lourde supérieure à celle des Allemands. Ce qui va d’emblée faciliter l’action de l’infanterie.

    Thiaumont et Douaumont sont repris le 24 octobre 1916, en même temps que 6 000 soldats allemands faits prisonniers. Le Fort de Vaux est récupéré le 2 novembre 1916, abandonné par l’occupant.

    A proximité du Fort de Tavannes, le tunnel ferroviaire du même nom, de 1 500 m de long et servant d’abri pour les unités en relève ainsi que de poste de secours et de commandement, connaît, dans la nuit du 4 au 5 décembre 1916, une violente explosion accidentelle d’un dépôt de grenades qui entraîne la mort d’environ 500 soldats français.

    Le 15 décembre, Louvemont et Bezonvaux sont libérés avec la reddition de 11 000 soldats allemands. Dès cet instant, le dégagement de Verdun est véritablement acquis.


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